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Shiatsu et Tai Chi Chuan, ma vision des choses ...

Le Tai Chi Chuan de style Yang et le shiatsu sont deux de mes passions. Je pratique ces deux disciplines depuis quelques années. Mes professeurs m'ont alors appris des principes fondamentaux tels que la manière de me positionner, d'écouter avec ma main mon partenaire, d'utiliser mon intention (Yi) etc. et de facto d'interagir avec une autre personne.

 

Plus je pratique ces deux disciplines, plus je me rends compte de leurs similitudes. Bien entendu, cela ne devrait pas être une surprise puisque le Tai Chi Chuan et le shiatsu ont les mêmes racines issues d’Extrême-Orient. On pourrait polémiquer sur leurs desseins respectifs qui peuvent être différents, surtout si on considère le Tai Chi Chuan comme un art martial, comme une technique de combat à part entière. Nous savons que les principes antagonistes de «guérison » ou de « mise à mort » (faire du bien / faire dumal) existent dans toutes les disciplines de santé : par exemple, toute plante médicinale peut soit guérir ou soit empoisonner, tout dépend de quelle façon elle est utilisée. Ainsi, on peut obtenir des effets contraires selon la façon d’utiliser son propre flux d’énergie (Qi) en Tai Chi Chuan ou selon la façon d’exercer en shiatsu des pressions sur certains tsubos (points d’acupuncture) qui peuvent être tonifiantes ou dispersantes.

Le principe fondamental est que le travail énergétique a un impact profond et réel sur le système énergétique - l'art du praticien est de savoir comment l'utiliser correctement, c'est à dire à bon escient. A cet égard le Tai Chi Chuan remplit ces deux fonctions protagonistes (faire du bien / faire du mal). Afin de pouvoir exercer les applications martiales avec succès, tous les conseils pertinents pour une bonne santé - tels que par exemple la posture alignée entre Ciel et Terre, la relaxation / détente, la libre circulation de son Qi, l’utilisation de son Hara etc. - doivent être appliqués et sont donc bénéfiques pour le praticien de Tai Chi Chuan. La même chose vaut pour le shiatsu. Bien que les postures et les résultats attendus aient l’air différents, les principes tels que l’alignement corporel du donneur, son enracinement, l’utilisation de son Hara, le développement de sa sensibilité ou de son intention sont identiques aux principes du Tai Chi Chuan. En fait, ces principes sont valables constamment dans notre vie et peuvent être utilisés pour tirer le meilleur parti du Corps et de l'Esprit dans toutes les activités auxquelles nous prenons part, que ce soit par exemple le jardinage ou le ménage.

Le shiatsu est une thérapie corporelle énergétique qui a pour but la libre circulation du Qi à travers un réseau de méridiens. Le shiatsu-shi (le praticien) exerce des pressions détendues, relâchées sur le corps vêtu de son jusha (son receveur) qui est, de préférence, allongé sur un futon. Les pressions favorisent un état de relaxation profonde qui optimise le rééquilibrage naturel du flux de Qi. Grâce au développement de sa sensibilité, le praticien apprend à reconnaître les jitsu (blocages) ou les kyo (déficits) dans les flux énergétiques sur les trajets des méridiens de son receveur. Le fait d’appliquer une pression sur une zone adéquate induit de facto des changements car le Qi a pour fonction de réagir au toucher. Le shiatsu s'efforce d'intégrer l’aspect physique, l’aspect émotionnel et l’aspect mental. Il peut être efficace pour traiter les symptômes ou les déséquilibres à n'importe lequel de ces niveaux.

L’apprentissage simultané du shiatsu et du Tai Chi Chuan m’a permis de constater que ma sensibilisation et mon développement énergétiques s’accentuaient progressivement de la même manière dans les deux disciplines. En tant que thérapeute en shiatsu, je laisse constamment mon corps se détendre, je développe ma conscience, j’utilise mon intention, je pratique l'alignement de ma colonne vertébrale, l'ouverture de mes articulations, etc. et ainsi, à la fin d'une séance, je me sens aussi calme et revitalisée que mon receveur. De même, lors de la réception du shiatsu, on peut développer une conscience accrue de ses propres blocages physiques ou énergétiques et l’on apprend à se laisser aller plus profondément que l'on ne pourrait le faire tout seul, tout en bénéficiant des effets d'équilibrage du traitement.

 

Vous trouverez ci-dessous quelques principes qui sont courants dans la pratique du Tai Chi Chuan et du shiatsu. A force de pratiquer, de s’entrainer, ces principes influencent mes deux pratiques. En temps ordinaire, notre Corps / Esprit trouve des stratégies pour s’accommoder à nos déséquilibres naturels. En examinant ces principes sous un angle légèrement différent, nous pouvons mettre en évidence des distorsions que nous ne connaissons pas, ce qui nous donne la possibilité d'apporter des modifications appropriées à notre pratique et donc à nous perfectionner.

Structure et ouverture communes :

- "Xiang Lian Bu Duan" Continuité sans rupture

- "Shang Xia Xiang Sui"  Le haut et le bas se suivent, le corps entier doit être harmonieux

Il est important que notre structure de base soit correcte - c'est notre véhicule qui permet la libre circulation de l'énergie. S'il y a des blocages à notre niveau physique ou si notre structure est déformée de quelque manière que ce soit, cela gênera les flux de Qi.

L’alignement principal se fait au niveau de la colonne vertébrale. L’alignement permet l’ouverture qui améliore les flux de Qi et agit en tant que conducteur et intégrateur de cette énergie dans l’ensemble du corps. Pour ouvrir et activer Ming Men (le point Du Mai 4 - « porte de la vitalité / de la destinée » situé entre la deuxième et troisième vertèbre lombaire) certaines personnes peuvent avoir besoin de temps et doivent s’entrainer « dur ». C’est à partir de Ming Men que le corps est alimenté, dans son ensemble, en énergie, par le biais de méridiens.

 Dans les deux disciplines, c’est une erreur courante de fermer la colonne vertébrale, en particulier à la taille, ce qui empêche l’ouverture de Ming Men. En Tai Chi Chuan, la posture traditionnelle est debout les jambes écartées de telle façon à ce que les pieds soient alignés au niveau des  points Poumon 1, aux extrémités externes des clavicules. On apprend à remonter légèrement vers l’avant son coccyx pour que le bassin conserve le bon angle, ce qui permet à la colonne de perdre sa courbe naturelle. On apprend aussi à descendre (s’asseoir) dans ses ischions (le point Vessie 36, au milieu de la base de la fesse, ramène l’énergie du méridien Vessie vers le bas), ce qui permet au corps d’avoir un bon support. Nous apprenons aussi à abaisser légèrement notre menton pour maintenir les vertèbres cervicales ouvertes et à soulever la couronne de la tête. On se sent comme suspendu verticalement par un fil (le point Du Mai 20 - "Bahui"  dirigé vers le Ciel, on élève son Esprit de vitalité : on se concentre). Cela permet à l'énergie de circuler librement le long de la colonne vertébrale, vers le haut et le bas.

En shiatsu, la position est bien souvent à quatre pattes, comme un petit enfant qui rampe. La transmission efficace de l’énergie se fait, de même, le long de la colonne vertébrale, vers le haut et vers le bas. On incline le bassin vers l’arrière lorsque le poids de notre corps est en avant. « On imagine avoir une longue queue de dinosaure qui fait un contrepoids », comme le dit si bien Stéphane Vien. De même on créer une légère distension par le haut de la tête (Du Mai 20) lorsque notre poids corporel se déplace vers l'arrière.

 

 

Cet alignement (sacrum / occiput) au niveau de la colonne vertébrale, ainsi que son ouverture doivent s’étendre dans tout le corps de sorte que la moindre intention de notre Dan Tian / Hara puisse s’exprimer directement à travers nos mains de praticien.

En Tai Chi, nos épaules sont abaissées, nos omoplates sont rapprochées pour ouvrir nos clavicules et nos genoux sont pliés mais détendus. L’alignement correct et les articulations ouvertes, c’est à dire relâchées ou détendues, permettent de créer un espace, un chemin dégagé et ouvert pour le flux de Qi mis en mouvement par notre Hara. Ainsi, aucune énergie ne sera gaspillée lors de l’exécution d’un mouvement. L’effort requis sera moindre et le praticien ne fatiguera pas lors de la pratique. 

 

 « Le plus proche de la vraie voie vous êtes, le moins de gaspillage d'énergie il y a », Lee Jun Fan.

 

 

Elever son Esprit (avoir l’Esprit concentré au sommet de la tête) en Tai Chi Chuan aide également à garder une sensation d'espace, de suspension à travers les articulations, et permet donc au corps de se mouvoir légèrement et habilement.

En shiatsu, la suspension prend forme horizontalement au niveau de la colonne vertébrale et permet l’ouverture de la hanche, du genou, de l’épaule, du coude et du poignet du shiatsu-shi, un peu comme une vieille voiture qui se lève lorsque la suspension est actionnée. Le même effet peut être vu dans le corps humain lorsque les articulations sont ouvertes. Sans cette suspension, le poids du corps redescend et les articulations se compriment, empêchant ainsi l'écoulement de flux de Qi. 

Si, par exemple, le shiatsu-shi assis en position « seiza classique » est contracté et a une épaule levée, cela peut signifier qu’il compense par cette posture fautive son manque d’élévation. Il doit alors se repositionner correctement. La position « seiza levé » lui permettra de se relaxer et d’ouvrir Ming Men et ainsi bénéficier d’une meilleure connexion avec son receveur lors de son transfert de poids. 

Pondération

- "Fen Xu Shi" – distinguez l’insubstantiel du substantiel (le vide du plein)

Lorsque l'alignement, l'ouverture, la relaxation et la suspension des articulations sont accomplis par le praticien (voir ci-dessus), son poids explicite permet un niveau de connexion énergétique beaucoup plus profond. 

 En Tai Chi Chuan le poids explicite du corps ne se porte jamais sur les deux jambes en même temps, excepté à l’ouverture et la fermeture de la forme. Lors de l’enchainement de la forme le poids du corps passe incessamment d’une jambe à l’autre. Lorsque le poids du corps est placé correctement sur une jambe, on dit que le pied est plein (substantiel) c’est à dire qu’il porte le poids du corps (shi jiao). Il énergise depuis le point Rein 1 « source jaillissante » toute la posture sans le moindre effort. On devient alors souple et fluide. Si le poids n’est pas bien réparti à cause d’une mauvaise posture, on devient lourd et stagnant, ce qui est facilement démontré dans les tests des différentes postures de la forme. Le pied opposé est, quand à lui, simultanément vide (insubstantiel /xu jiao).

Lorsqu’on donne un shiatsu, le transfert du poids se produit entre les genoux et les mains ou les pouces. Lorsque le shiatsu-shi fait avancer son poids avec son Hara, cela lui donne un accès profond aux canaux et points énergétiques du receveur. Il y a une nette amélioration de la connexion énergétique lorsque le poids du corps est engagé avec la même qualité de lâcher-prise que celle que nous recherchons dans la pratique du Tai Chi Chuan. 

Plus le poids est relâché, meilleure est la connexion avec le receveur et meilleur est l’ancrage (par le point sous le  pied Rein 1 «source jaillissante » ou du genou Estomac 36 « trois distances du pied »). Plus la pratique s’enracine dans la Terre (Yin) plus grande est la capacité d’équilibrer l’expansion énergétique (Yang). Le transfert de poids doit être combiné avec une prise de conscience du mouvement. S’il est effectué de façon brutale, par à coup, alors le corps est sous contrainte. Cela entrainera une compression des articulations et les résultats en seront les suivants : en Tai Chi Chuan un manque de flux énergétique (stagnation), ou en shiatsu une pression dure, inconfortable pour le receveur où le donneur se fera mal aux pouces et aux poignets.

Développement du Hara / Dan Tian

- "Activez le Qi pour descendre au point Dan Tian."

Le développement du Hara (le mot japonais pour Dan Tian) est un processus long, de plusieurs années. Au début de la formation de Tai Chi Chuan ou de Shiatsu, on nous explique que le Hara correspond à notre centre de gravité et qu’il est situé géographiquement au centre de l’abdomen, à quelques centimètres sous le nombril (le point Ren Mai 6 - « Qihai » Mer du Qi situé exactement en face de Ming Men). Mais il s’agit au départ d’un concept qui ne nous est pas vraiment compréhensible car on ne le ressent pas ou très peu. Ce concept peut être développé à travers une pratique régulière et une prise de conscience jusqu'à ce que cela devienne plus un ressenti de mouvement de va et vient continu du ventre qu'un simple lieu physique. Le Qi Gong et la pratique de la méditation sont essentiels à cette approche. Pour ma part, c’est grâce à la méditation taoïste que j’ai senti tourner mon Dan Tian pour la première fois.

 

Pour les débutants en Tai Chi Chuan qui ne se sont pas encore familiarisés avec ce "ressenti", essayer de connecter leur Hara lors de leur pratique peut provoquer la contraction de leurs muscles abdominaux. C’est l’effet contraire à celui recherché. Ce qui n'est pas une bonne chose. La formation de Tai Chi Chuan accorde une grande importance au développement du Dan Tian et plus cette source d'énergie se développe, plus grande est la capacité d'améliorer les projections. À mesure que nous devenons plus performants, le Dan Tian ne se manifeste plus par une contraction - comme on peut le voir dans certains arts martiaux externes tel que le karaté - mais dans les arts internes, il s’agit plus d’une expansion et d’un mouvement au sein de Dan Tian. En même temps, il faut que l'épine dorsale de Ming Men soit ouverte pour que l'énergie générée par le Hara / Dan Tian ait une sortie.

En Tai Chi Chuan, on dit que le Qi se déplace vers le Dan Tian où il est mis en réserve (mouvement descendant à l'avant du corps), et qu’il se déplace simultanément vers la colonne vertébrale afin d’être utilisé pour les applications martiales (mouvement ascendant, à l’arrière du corps, du coccyx via la colonne vertébrale, en passant par les épaules jusqu’aux mains). Le fait de creuser la poitrine est l’action qui va déclencher le mouvement du Qi. Le sternum va vers le bas, les côtes flottantes descendent, on ouvre les kwas, on s’enfonce dans la terre par le pied (compression) et simultanément le Qi remonte dans la colonne jusqu’au sommet de la tête et aux mains. Les kuas (kwa en anglais) sont des pompes, elles sont des zones essentielles de mise en circulation du Qi vers le bas et vers le haut. Ils sont en quelque sorte le lieu de croisement des méridiens Yin et Yang des jambes.

On dit que la capacité du Dan Tian détermine quel partenaire a l’énergie la plus forte. En shiatsu, nous essayons de ne persuader personne (les receveurs sont déjà couchés au sol), mais ce principe me paraît juste. La capacité du praticien en shiasu devrait être plus forte que celle du receveur. Le praticien est le « maître de la situation », il est le centre de la roue grâce à sa capacité d’être dans son Hara et d’être ancré dans la Terre.

Pour perfectionner son shiatsu, il est recommandé de faire régulièrement des exercices de soutien de type Qi Gong pour soutenir et clarifier son propre système énergétique. Cela donne au praticien la capacité de "maintenir" un espace énergétique stable pendant toute la durée du shiatsu.

Atteignez l’immobilité dans le mouvement

Atteignez le mouvement dans l’immobilité

- « Dong Jing He Yi »   Unissez le mouvement et l’immobilité ».

Chaque pratique énergétique, par sa nature, se conforme aux principes du Yin et du Yang. Le cœur du tai Chi Chuan réside dans le concept d’immobilité (Yin) dans le mouvement (Yang) ». Lors de l’enchaînement, on demeure paisible, serein et notre Esprit est clair : on conserve un état de méditation. Dans un tel état de méditation on déplace notre flux de Qi et notre corps de façon naturelle et sans effort conscient.

 

Dans le Shiatsu il s’agit aussi d’un concept fondamental : le mouvement de Qi s’effectue dans un flux incessant entre nos deux mains. Mais il existe un calme profond dans notre Hara qui établit une connexion, une écoute et nous donne le focus, l’attention. Nous recherchons le mouvement dans l’immobilité. En shiatsu Masunaga nous apprenons à travailler un méridien en conservant une main « mère » sur une zone particulière du Hara. La main «mère » est passive, elle écoute (Yin) et l'autre main se déplace, elle agit (Yang). Les deux mains sont connectées. Le praticien ressent la connexion entre ses deux mains. Personnellement je ressens cette connexion dans mon Hara. Bien qu’il semble ne pas y avoir de mouvement physique, c’est un moment de connexion intemporel qui favorise le mouvement du flux de Qi qui part de la rivière (méridien) pour rejoindre le lac (zone du Hara).

- « Clarifiez le mental ».

Lorsque l’Esprit est plein – on intellectualise trop - le mouvement du Qi est lent et entravé. En arts martiaux, ce serait comme essayer d’appliquer l’ensemble de nos techniques apprises lors d’un vrai combat. Malheureusement l’attaquant attaque rarement sous forme de mouvements standardisés ! Lorsque le mental doit déterminer quoi faire, il est déjà trop tard.

En shiatsu ce serait comme essayer d’obtenir un effet thérapeutique en planifiant le traitement avant le diagnostic. Au lieu de cela le praticien apprend à ressentir les informations qui viennent d’elles-mêmes - il ne les recherche pas - et à répondre à la demande du Qi du receveur. Lorsque l’Esprit est plein, il n’y a pas de possibilité de ressentir l’information qui se manifeste à nous. Nous pouvons utiliser l’Esprit, mais  rétrospectivement pour, par exemple, analyser ce qui s’est passé avec l’énergie lors de notre séance.

Dans la pratique du Shiatsu ou du Tai Chi Chuan nous apprenons à calmer notre Esprit et à nous centrer. Lorsqu’il y a une activité émotionnelle ou intellectuelle on dit que le Qi quitte le centre.

 

" Ne pense pas. Ressens. C'est comme un doigt qui pointe la lune. ne te concentre pas sur le doigt ou tu vas manquer cette beauté céleste" Lee Jun Fan

Utiliser votre Yi

- "Pas de Yi, pas de Qi"

Le Qi va où l'intention, l’idée (Yi) va. La pratique de Tai Chi Chuan développe la focalisation du Yi. Au lieu d'interagir ou d'être distrait avec le bras de notre adversaire, nous apprenons à diriger le Yi vers son centre, son Hara ou à contrôler sa projection dans la direction que nous avons choisie.

La même chose se passe en shiatsu. Nous entraînons notre attention à écouter le mouvement du Qi dans le corps de notre receveur et nous pouvons utiliser notre Yi pour répondre à ses besoins. Ceci attire alors l'attention au receveur et amène ainsi le Qi aux endroits où il est le plus nécessaire.

Mains vides

- "Yong Yi Bu Yong Li"  N'utilisez pas la force physique de Yi (l'intention)

La pratique du Tai Chi Chuan aide à développer le concept de non-action. Ceci est également important pour une bonne pratique du shiatsu. Dans les deux disciplines, dès que le sentiment de faire quelque chose avec les mains est activé, l'excès de puissance musculaire est activé. On pourrait faire l'analogie avec les bras et les mains qui sont comme des tubes vides à travers lesquels circulent le Qi et l'intention Yi grâce au transfert de poids. Cela a pour effet de réduire le travail musculaire et de maintenir les articulations ouvertes, rendant la connexion facilement accessible.

Le Champ de Qi étendu

Dans les deux disciplines, il est important que notre champ de Qi soit élargi pour qu'elles soient efficaces. En Tai Chi Chuan, nous apprenons à expanser notre champ dans toutes les directions en même temps (par exemple, lorsqu’on se dirige vers l’avant, notre attention se porte aussi sur notre dos), et donc à améliorer la perception du Yin et du Yang de notre partenaire ainsi que de développer nos flux de Qi. Dans l'application martiale, nous étendons notre champ énergétique afin qu’il devienne impénétrable ou qu’il enveloppe notre adversaire qui succombe à une intention plus forte.

 

En Shiatsu, lors de notre travail physique sur un tissu corporel de notre receveur, on ne peut entrer en contact avec le méridien c’est-à-dire se connecter à ses vibrations que si le receveur laisse un espace, un champ vibratoire se créer en lui au-delà du contact physique. On peut décrire cela comme "aller au-delà des limites". En shiatsu « appuyer » (c’est moi qui veux) et « être accueilli » (c’est le patient qui permet) sont 2 choses différentes: il faut aller jusqu’où le patient permet d’aller et prendre ce que le patient nous donne. Cette sensation d’extension, de champ est la composante essentielle de notre travail en shiatsu qui rappelons-le est une discipline corporelle énergétique. Le fait d’avoir accès à ce champ nous permet de l’influencer.

La non-séparation

Tous les principes ci-dessus visent à renforcer le lien effectif entre le praticien et son adversaire / receveur. Les concepts sont les mêmes : se connecter avec l'énergie du partenaire ou interagir avec elle. Si vous pouvez le faire en Tai Chi Chuan, vous pouvez le faire en shiatsu. Une pratique régulière mènera à une compréhension progressive de la potentialité du Qi, et on progressera lentement vers le point de perfection. Si on ne pratique pas suffisamment longtemps, on ne peut pas acquérir pleinement cette connaissance.

Ce ne sont là que quelques exemples de rapprochement entre le Tai Chi Chuan et le shiatsu et ils en existent de nombreux autres, tels que l’alignement des Kuas et l'extrémité externe des clavicules, le Wu Wei, les spirales, la respiration etc.

 

Ni le Tai Chi Chuan, ni le shiatsu ne sont un art facile à apprendre. Les deux défient l'individu au plus profond de lui-même. Atteindre l'excellence nécessite des années de pratique dédiée. Cependant, les deux offrent de riches récompenses dès les premiers niveaux d'entraînement.

 

 

Source : https://www.daniel-roga.de/taijiquan-tai-chi-chuan-theorie-prinzipien/10-prinzipien-von-yang-cheng-fu.html

https://www.energyarts.com/taoist-energy-anatomy/

Photos: Stéphane Vien - Namur (stage sur la posture juste) - 2017 / Bernhard Schwendemann- Strasbourg - 2018.

 

Remerciements à mes chers professeurs Stéphane Vien et Bernhard Schwendemann qui ont réussi à m'inspirer, à me donner confiance en moi, mais surtout qui ont réussi à me donner goût de continuer à apprendre. Merci pour votre disponibilité et vos suggestions.

Merci à mes amies Pascale Koebel et à Anita Krinoswsky pour votre soutien inconditionnel. 


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